Lyon-Turin: bientôt 30 ans et toujours pas de financement

Le « référé-réquisitoire » accablant de la Cour des Comptes du 1er août 2012 contre le Lyon-Turin m’avait convaincu à l’époque, comme une évidence, qu’il fallait renoncer à ce projet pharaonique dont l’intérêt socio-économique n’était même pas démontré.

L’Inspection générale des finances et le Conseil général des Ponts et Chaussées l’avaient déjà écrit en 2003…

Rien n’y a fait ! 

Il y a toujours une bonne raison de ne pas tenir compte des recommandations de la Cour !

Les gouvernements qui se sont succédé ont donc continué à nous faire croire que le Lyon-Turin était un chantier décisif pour notre avenir ! 

De réunions internationales irrévocables en étapes irréversibles, la propagande  a continué son bonhomme de chemin…

Le nouveau référé de la Cour publié ce 29 Août confirme incidemment en 2016 que rien n’est acquis et que le financement du Lyon-Turin est parfaitement hors de portée.

En effet, la Cour pointe utilement du doigt que l’Agence en charge du financement des infrastructures de transports en France, avant même d’envisager le Lyon-Turin, est déjà déficitaire et ne peut pas faire face à ses engagements, ce que la Commission Mobilité 21 (dite Duron) avait déjà écrit en toutes lettres !

Que faut-il donc faire dans notre pays pour que des conclusions aussi unanimes puissent être entendues ; des conclusions d’ailleurs partagées par la Direction de la SNCF ?

Le Premier Ministre, évidemment alerté sur cette impossibilité décisive, a déjà ouvert un contre-feu et affirmé il y a quelques semaines, que le Fdpitma, un autre « machin » dont l’Etat a le secret,  prendrait le relais pour financer le Lyon-Turin.

Sauf qu’en pratique, ce fonds créé en 2002 ne sert déjà – et quasi uniquement – que de « véhicule financier » pour transférer les bénéfices dégagés par le trafic routier au tunnel du Mont-Blanc vers les déficits générés par le trop faible nombre de camions (Dieu merci !) au Fréjus, d’ailleurs au mépris total de son objet d’origine.

Il n’y a donc en réalité pas non plus de ressources disponibles dans cet outil ! 

Pas un sou vaillant…

Alors, on nous dit qu’il va falloir inventer une nouvelle taxe (!), un « surpéage dédié » qui n’est pas encore voté, pour créer cette ressource. 

Tout cela ne manque pas de sel pour un Gouvernement qui a supprimé l’écotaxe poids lourds en 2014 et l’a remplacée par une hausse de la taxe sur le gas-oil.

Bref, la saga du Lyon-Turin se poursuit… Le scénario n’en finit plus de rebondir et le Gouvernement actuel va bientôt pouvoir passer cette patate chaude au suivant.

Si c’est trop demander à nos grands décideurs de renoncer purement et simplement à ce projet d’un passé totalement dépassé, ce qui serait le bon sens même, peut-être pourraient-ils au moins le suspendre pour quelques dizaines d’années en attendant des jours meilleurs…

Quand on sait que ce dossier est sur la table depuis bientôt 30 ans et que son financement reste incertain à ce jour, on comprend mieux pourquoi notre pays est dans l’état où il est et on se dit qu’il est urgent que ce projet mûrisse encore un peu !

 

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